Pour une politique de la reconnaissance : dans la société de l'individualisme démocratique, il n’y a pas lieu d’opposer la reconnaissance jusque-là fondée sur la citoyenneté et l’égalité devant le droit de suffrage et la reconnaissance de la dignité qui fonde les personnes dans leur diversité. C'est d'autant plus vrai à une époque de mutations inédites et d'accroissement des inégalités qui nourrissent les peurs, les replis et la recherche d'identités. Nombre d'aspirations prennent aujourd'hui la forme de demandes de reconnaissance qui peuvent émaner d'individus ou des groupes. Elles portent autant sur l'utilité sociale et la dignité des professions que sur la légitimité de personnes dans leurs singularités à faire partie de la société, ou bien encore de la volonté d'être entendu dans le débat public et représenté politiquement. Ces revendications, parfois confuses, témoignent d'une demande de justice et d'un profond besoin : celui d’être inclus dans l'échange social et le "faire société". Les droits politiques sont nécessaires pour satisfaire cette demande. A condition de les découpler en partie de la nationalité. La Ligue, comme en 1989 lors de son précédent congrès, demande l'accès au droit de vote local pour les résidents étrangers.
Mais les droits politiques ne suffisent pas à satisfaire les besoins de reconnaissance. Il y faut d'autres composantes: reconnaissance des mémoires partagées, dispositifs particuliers de lutte contre inégalités et les discriminations et mesures de réparation par l'action pisitive, plus grande visibilité mutuelle des goupes et des individus qui les composent, notamment dans les médias et la représentation politique, formes élargies de participation civique et de consultation populaire, valorisation de l'engagement social et civique....