Le dossier "Archives" regroupe de nombreux textes, essais, propositions... émis depuis le lancement de la question de congrès. Ce foisonnement s'est cristallisé progressivement dans un texte, celui du Manifeste en construction jusqu'au congrès de Toulouse en juin 2010. Ces contributions abordent des thèmes très différents, avec des angles d'attaque très généralistes ou extrêmement précis. Dans le processus général de discussion, certains éléments ont été repris, reformulés, ou intégrés dans des thématiques plus larges. Ces documents restent intéressants en eux-mêmes et peuvent toujours contribuer à nourrir notre réflexion actuelle et ultérieure. Les sujets abordés étant très divers, il est possible de procéder à une consultation en forme de lecture continue ou de procéder à une recherche spécifique en utilisant le moteur de recherche disponible dans la boîte à outils en haut à droite de l’écran.
Le fait de séparer un groupe social, un ensemble humain, une communauté en le (la) traitant plus mal que l’ensemble des citoyens est-il devenu le trait dominant de sociétés – par ailleurs démocratiques – quand elles refusent ou se protègent de la diversité culturelle, ethnique, et sociale. Dans un état de droit, si cher à leurs valeurs, comment expliquer l’existence même de ces discriminations au point qu’il faille en France par exemple, établir une " Haute Autorité " pour lutter contre !
L’existence persistante des diversités culturelles et ethniques, leur visibilité comme leur mise en valeur, sont perçues comme autant d’agressions du modèle historique de la Nation. Au sein de ce modèle - à interroger à nouveau frais - la diversité culturelle et ethnique fonde la plupart du temps, la discrimination sociale. Car dans notre société ce sont aussi les plus éloignés du " modèle-type " qui sont les plus mal traités socialement.
Il nous faut pourtant apprendre à faire société en réalisant d’un même mouvement l’unité politique de la Nation et la reconnaissance de la diversité fluctuante des individus, des groupes, des communautés qui la compose, sans chercher à les éradiquer. Condition essentielle à la justice sociale. Mais exercice difficile car nous n’en n’avons pas la culture !
Peut-être faut-il commencer par s’interroger sur " la diversité ", la diversité dans " l’espace public " ? De quoi parle-t-on ? Le mot occupe aujourd’hui une place dans le vocabulaire politique qu’il n’avait pas il y a encore trente ans. Pourquoi ? Les raisons qu’on invoquera seront-elles suffisantes pour introduire la diversité comme une valeur du panthéon républicain du XXIème siècle. .
Dans l’école républicaine abstraite (qui n’a sans doute jamais existé) on tendait à ne considérer que l’esprit, la raison, la volonté de la future citoyenne ou du futur citoyen. Au contraire aujourd’hui, dans le monde concret de l’image et des images, chacun a besoin d’une reconnaissance qui lui permette de négocier sa place. Pour un adolescent contemporain, bricoler sinon construire, accepter, communiquer une image de soi estimable, bref l’ identité reconnue de quelqu’un qui a déjà une histoire parfois douloureuse, paraît une tâche aussi urgente que difficile. Pour y parvenir cet adolescent doit coudre ensemble les différentes facettes de sa personnalité. Un environnement attentif et non complaisant peut l’y aider, à condition d’y mettre de la distance et de l’humour.
L’héritage familial avec son histoire, ses valeurs, ses particularités sociales, culturelles, linguistiques, religieuses ou non, constitue une de ces facettes ; chacun ou le revendique, ou s’en détourne, mais risque d’y être assigné par l’entourage. Il est donc nécessaire d’intégrer toutes ces identités collectives partielles, toutes ces mémoires au sein d’une identité nationale générale : c’est à cette condition seulement que la nation pourra donner à chaque individu sa place d’une manière ouverte et pertinente qui lui permettra d’agir en citoyen.
La société reste ouverte, dynamique, productrice de sens et de lien tout le temps que la reconnaissance fonctionne, que les individus et les groupes identitaires partiels sont en mesure de négocier et renégocier leur intégration et leur place. Tant qu’un groupe reste " invisible " ou dès qu’il le devient, tant qu’il est méprisé ou désigné " non-intégrable ", la société se précipite contre ce bouc émissaire et le processus de reconnaissance se bloque, et, avec lui, la société. Sans compter les souffrances de celles et de ceux qui appartiennent à la collectivité ignorée, méprisée ou ostracisée.
Pour éviter ce blocage mortel, l’écriture, la réécriture incessante et infinie d’un récit historique national (une histoire qui englobe toutes les histoires et permette à chacun de s’y intégrer) qui tienne compte de toutes les réalités rurales, citadines, ouvrières, bourgeoises, immigrées, coloniales et serviles, est une tache indispensable. Récit historique et non roman historique, histoire et non pas mémoire, réalités objectives et non souvenirs sensibles. Ce récit historique permettra de relativiser les mémoires partielles souvent partiales. A partir de cette reconnaissance de tous par tous perpétuellement débattue et retravaillée, de cette mise en perspective, on peut rappeler les règles de la démocratie républicaine : pour mieux servir l’intérêt général qui ne se limite pas à la somme des intérêts particuliers, les citoyennes et citoyens égaux devant la loi sont appelés à exercer leur pouvoir politique souverain en laissant de côté leurs particularités. Ils consentiront à le faire à partir du moment où ils sont assurés qu’elles ont été prises en compte en amont. La tache est d’autant plus urgente que la collectivité nationale elle-même doit négocier sa reconnaissance et sa place au sein d’une collectivité européenne englobante.
C’est une évidence de rappeler que l’information est un des ingrédients majeurs de l’exercice de la citoyenneté. " La mise en forme des faits ", leur éclairage, leur contextualisation, permet de mieux en saisir la réalité, de les comprendre, de les situer et de se faire une opinion, tant dans sa vie quotidienne que dans la perception de la société et la capacité à s’y insérer et de prendre part à sa fabrication et sa transformation.
C’est une évidence aussi de constater le rapport fataliste que nous entretenons avec les médias d’information : refusant de nous laisser avoir par ceux qui " fabriquent du temps de cerveaux disponibles pour les publicitaires ", dénonçant les complaisances, les facilités, les compromissions, les arrangements, les intérêts privés et financiers dont certains font leur ligne éditoriale, condamnant la tendance lourde à traiter de l’instant et du sensationnel au détriment de la profondeur et de l’important…nous n’en sommes pas moins désemparés devant une situation qui semble échapper à l’action publique comme à celle des citoyens organisés. Pourtant n’avons nous pas les médias que nous méritons ? Tirons-nous vraiment parti de la quantité inégalée jusqu’alors d’informations dont nous disposons ? Mesurons-nous les bouleversements déjà en cours et à venir que les technologies de la communication –le web- produisent ? Ne devons nous pas tenter aussi de nouvelles alliances avec les médias pour renouveler nos pratiques d’éducation populaire ? La place croissante (envahissante ?) des médias et de leurs nouvelles formes dans la " fabrique de l’opinion ", la compréhension des faits comme la construction des représentations et des préjugés, n’oblige-t-elle pas à inventer une politique d’éducation permanente aux médias ?
La question de la place et du devenir de la Nation (l’Etat-Nation ?) dans la construction européenne est centrale. Comment en effet dépasser et englober l’armature fondamentale de l’organisation politique de l’Europe, qui a servi de modèle au monde ? Une Europe qui vient de plus, après 1989 (chute du mur) et 1991 (fin de l’URSS), précisément de connaître une " prolifération étatique " (Pascal Boniface), s’appuyant sur des identités nationales, que le XIXe et le Xxe siècles n’avaient pas reconnues ou avaient oblitérées, à partir du grand mouvement d’émancipation des peuples européens du XIXe siècle.
S’il est vrai, comme l’affirme Régis Debray, que "l’homme n’existe qu’inscrit ", dans une culture, dans une société, dans un espace, dans un temps, " l’histoire, comme le dit le médiéviste Jacques Le Goff est nécessaire pour donner une âme et une assise à la politique ". L’Europe possède cette âme et cette assise : comment les mettre en pleine synergie ?
Ce qui manque le plus à l’Europe, c’est certainement l’existence d’un véritable espace public commun de débat, ou, en tout cas, marqué par une difficile construction depuis 1957. L’Europe est bien loi du citoyen… européen. Si référendum il doit y avoir, qu’il se produise a minima le même jour dans toutes les composantes de l’Europe. Une certaine forme de solidarité et d’appartenance y trouvera son compte.
D’autre part " l’Europe est moins un territoire qu’une méthode " (Marc Abelès) : atout ou faiblesse supplémentaire, surtout dans ce qu’on appelle la mondialisation, à définir par ailleurs ? Pour exister, se développer et se structurer, n’oublions pas que toute organisation politique, s’appuyant tout " naturellement " sur ce qui fait son identité, ses caractéristiques, a besoin de définir un dedans et un dehors. La conscience d’une appartenance commune n’est pas, mais au contraire positive pour donner sens, force et vigueur à un projet défini en commun.
La rapidité de l’élargissement de l’Europe ne laisse d’inquiéter, quand on observe la brutalité des effets produits plus destructeurs que constructifs par ce " processus sans sujet " (l’expression est d’Althusser à propos du capitalisme) qu’est ce qu’on nomme la mondialisation ; laquelle est systématiquement utilisée pour déclarer obsolète tout ce qui n’en relève pas. Raison de plus pour penser que l’Europe, terre de modernité –dans le bon sens de ce terme-, terme des droits de l’homme, des Lumières et des universaux, a une nouvelle mission historique à accomplir. Sur un chemin loin d’être encore complètement défriché, l’enjeu est de taille pour trouver de manière pleinement civique comment faire société.
A quelles conditions l’individualisme est-il un nouvel humanisme ?
Nos sociétés sont des sociétés individualistes, c'est-à-dire que l’individu y a été libéré de nombreuses contraintes et se voit engagé toujours davantage dans des relations contractuelles. Cette émancipation de l’individu doit être saluée comme un progrès, mais elle s’accompagne aussi d’une plus grande vulnérabilité des mêmes individus. Comment accorder aux individus des protections qui ne limitent pas leur liberté ? Comment combattre les effets dissolvants de l’individualisme sur le lien social ? Comment assumer cet individualisme comme le résultat d’une conquête collective ? C’est en répondant à ces questions que l’individualisme apparaîtra comme un nouvel individualisme.
S’associer pour agir ensemble reste, depuis plus d’un siècle, une liberté essentielle des femmes et des hommes qui vivent sur le sol de notre République. A son congrès de Bordeaux en 2001, au-delà de la célébration du centenaire d’une loi fondatrice, la Ligue de l’enseignement s’est interrogée sur les motivations actuelles des citoyens à s’associer pour agir et sur les formes nouvelles que peut prendre cet engagement.
La montée en puissance de nouveaux territoires, la nécessité d’agir au cœur de la ville, l’interventionnisme des collectivités locales et la forte émergence de la diversité culturelle semblent être les éléments incontournables d’une réflexion sur l’engagement associatif aujourd’hui. Malgré un environnement culturel et social que l’on dit marqués par le consumérisme et l’individualisme, les citoyens décident, de plus en plus nombreux, de s’associer et s’inscrivent ainsi –pour la quasi-totalité d’entre eux- dans la recherche d’un " mieux vivre " individuel et collectif.
Dans notre société d’économie capitaliste, pour la plupart des citoyens, les vacances ne sont envisageables que s’il y a production, travail, et fatigue, nécessitant reconstitution personnelle. Les vacances sont un luxe qu’il faut mériter ! Une pause qui se mesure et s’organise en opposition ou en complément du temps de travail.
Fantasme, rapport à la nature, à l’autre, découverte d’autres cultures, d’autres paysages, envie d’ailleurs et de dépaysement, les vacances jusqu’en 1936 se projetaient et s’organisaient dans le domaine intime, familiale et de toute façon privé.
A partir de cette date, elles deviennent congés payés et entre dans la sphère publique, érigées en droit. Un droit, il est vrai, accepté par des dirigeants souhaitant entretenir la santé et la force des travailleurs, soucieux d’améliorer leur productivité. Une vaste opération de santé publique.
Les comités d’entreprises, les collectivités locales et les associations de jeunesse et d’éducation populaire, mesurant les enjeux des vacances, qu’ils considèrent comme un temps privilégié d’éducation , s’organisent alors pour répondre au besoin d’accueillir " Ailleurs " les milliers de citoyens accédant à ce nouveau droit, tout en élaborant des projets pédagogiques visant des objectifs éducatifs.
Au fil des années les organisateurs passent inexorablement du projet au produit.
Les vacances sont devenues un produit de consommation, " en être privé est aujourd’hui un des marqueurs de l’exclusion sociale " nous fait remarquer le sociologue André Rauch.
Espace de fantasme, moteur du développement humain, les vacances sont aussi le temps d’un retour à la nature, du souci du corps, du soin de soi. Un temps de ressources, rétablissant l’harmonie intérieure, préalable indispensable à l’envie de l’autre, à la fraternité.
Indispensable pour maintenir la volonté qu’ont les Hommes de faire société aujourd’hui.
Le système représentatif organisé dans notre pays est-il suffisant pour qualifier un régime de démocratique ? L’organisation d’élections libres au suffrage universel ne peut, à elle seule, garantir la démocratie en s’appuyant uniquement sur le principe de la délégation de pouvoirs. Comment mieux garantir au citoyen que celui ou celle qui est élu(e) s’exprime au nom de l’intérêt général, surtout quand ce dernier est plus difficile à déterminer et faire valoir ? La faible association du citoyen au débat public et à la décision et l’inexistence d’un " droit de suite " du pouvoir délégué ne sont-ils pas les causes d’une crise durable de la démocratie, quels que soient les taux de participation aux élections ? Cette crise de confiance n’est peut-être pas de même nature et de même importance aux différents niveaux politiques, mais elle semble renforcée par le sentiment d’impuissance que peuvent nourrir parfois les attitudes des élus. Ne faut- il pas à la fois examiner de près certaines pratiques qui ont perverti la démocratie de délégation afin de la rendre plus légitime et imaginer ou conforter de nouvelles pratiques démocratiques dans (et pour ) une république rénovée qui tienne ses promesses ?
- Cumul, durée et renouvellement des mandats des élus, - Mode de désignation, place et rôle du Président de la République et du chef du Gouvernement, - Contrôle du Gouvernement par les parlementaires et usage du 49-3, - Rôle et rénovation du sénat - Droits et pouvoirs de l’opposition (du local au national) et élections proportionnelles, - Statuts des élus afin de favoriser la diversité des représentants de la Nation, - Participation active des citoyens à la décision et au contrôle des délégations (conférences de consensus et de citoyens, sondages d’opinion délibératifs, noyau d’intervention participative, référendum d’initiative citoyenne et /ou locale,..) ; retrait de délégation, - Utilité, composition et efficacité des instances de concertation à tous les niveaux de l’action publique - Droit de vote des résidents étrangers et pour quels scrutins ? - Place et limite des experts dans l’élaboration des décisions, - Place des associations dans le dialogue civil, - Fonctionnement démocratique des associations…
La question du travail est une question essentielle car elle cristallise la plupart des rapports sociaux dans les diverses strates de la société et pour toutes les catégories sociales. Envisager le travail est nécessaire pour pouvoir faire société car il s’agit d’une " catégorie centrale " qui englobe toutes les composantes de la vie sociale, économique, culturelle et politique (Dubet 2001). "
Une bonne part du débat politique aujourd’hui tourne autour de la part respective du marché et de l’Etat dans les mécanismes d’allocations de biens et de services aux individus. Le plus souvent, ce débat est très idéologique, les libéraux revendiquant davantage de marché, la gauche, davantage d’Etat. Or il convient de reconnaître que la plupart du temps, c’est une combinaison de marché et d’Etat qui est à l’oeuvre sous des formes diverses : échange marchand obéissant à des règles législatives de qualité de services et de prix, société d’économie mixte, concession de services étatiques à des sociétés privées, délégations de l’Etat à des associations, prise en compte par les administrations de la diversité des demandes des usagers, etc… Comment reconnaître cette complémentarité ? Comment trancher, selon les domaines (transports, information, communications, santé, éducation, etc.) en conjuguant efficacité et justice sociale ?
Toute société, même une famille de deux personnes, suit des règles ou des coutumes pour fonctionner. A l’école des règles communes s’imposent d’autant plus que les élèves viennent de familles et donc de coutumes différentes. L’élève apprend à respecter les règles, à négocier ou à aménager quand c’est possible, éventuellement à les transgresser et à en accepter les conséquences. L’autorité du maître est d’autant mieux acceptée qu’il sera mieux capable de canaliser le passage des coutumes de la famille aux règles de l’école, et saura, selon les circonstances, tantôt raisonner, tantôt négocier, ou rappeler à la règle ou sévir.
Les citoyens ne sont plus des élèves, mais ils auront d’autant plus tendance à respecter les lois et donc l’autorité de l’Etat, qu’ils auront le sentiment que ces lois sont raisonnables, ou qu’ils ont la capacité, en respectant certaines procédures, de les faire évoluer. L’Etat n’a d’autorité que si elle n’est pas absolue, si on peut en rendre raison, et si ceux qui l’exercent le font de manière dépourvue d’arbitraire et respectueuse de l’équité. Ceux que le peuple a élus pour établir les lois ou diriger l’exécutif de la nation ou d’une collectivité, le sont pour la durée d’un mandat, donc révocables à terme. Enfin les proscriptions qui délimitent la liberté (proscriptions de l’homicide, du viol, des violences, de la pédophilie, du harcèlement, mais aussi du vol, des manœuvres délictueuses de toutes espèces) sont d’autant mieux acceptés qu’elles paraissent incontestables et universelles et s’appliquer ici comme elles s’imposeraient ailleurs.
Il est admis que la culture distingue autant qu’elle rapproche, dans toutes ses dimensions : anthropologique, scientifique, artistique, esthétique, sociale, technique…Toute société est donc fondée sur la culture qui lie et délie les individus et les groupes qui la constituent, qui permet à chacun de s’inscrire à la fois dans une histoire, une identité et de s’en échapper pour leur imaginer une suite, pour ne pas s’y enfermer. Si la culture est constituée de " l’ensemble des solutions qu’une communauté humaine hérite, adopte et invente pour trouver des solutions aux crises qui la traversent ", ce sont donc bien à la fois la nature de la culture qui importe pour faire société que les modalités de sa transmission, de sa production et de sa diffusion. Dans un contexte de persistance forte des hiérarchies, des dominations, des cloisonnements culturels combiné avec une élévation générale du niveau de culture de nos sociétés et la présence massive des industries culturelles, comment permettre à chacun d’être auteur de propre vie et acteur de la vie commune ? Comment mieux faire de la culture une clef essentielle de la reconnaissance dont chaque individu a besoin pour se sentir considéré et constituant de la collectivité ? Comment résister au double risque de colonisation de nos imaginaires que font peser les grands systèmes multimédiatiques de fabrication et de formatage des représentations et à son corollaire du repli sur des identités nostalgiques, " folklorisées " ou communautaristes ? Comment mieux mobiliser la culture disponible pour la faire partager et peut-on en faire un levier de l’imagination politique et de l’innovation sociale ?
Environnement, limites et précaution : quelles responsabilités nouvelles pour le citoyen, le consommateur ?
La crise de l’environnement nous appelle à faire société.
C’est l’écosphère- c'est-à-dire les biens communs de l’Humanité – qui est en danger. Le modèle de développement fondé sur la priorité systématique accordée à la logique marchande et à celle du capital et sur l’expansion technique incontrôlé est en crise ouverte .Ni le marché ni l’état ne peuvent à eux seuls affronter ces nouveaux périls.
Comment définir les besoins authentiques, essentiels des citoyens face à de faux besoins créés par la marchandisation de presque toutes les activités humaines ?
Comment mieux définir les notions de limites (à la croissance économique entre autre) et de responsabilités (collectives et individuelles) ?
Comment promouvoir une citoyenneté écologique ?
Comment ouvrir un espace où pourront peser les forces vives de notre société, des citoyens conscients et acteurs ?
Inégalités sociales et économiques pour " défaire la société "
L’aggravation des inégalités entre le Nord et le Sud trouve son prolongement au sein des pays les plus développés.
Dans notre pays, les mécanismes et les institutions de réduction des inégalités et de solidarité ont forgé notre identité nationale sur la base du compromis et au terme de luttes sociales conduites par des générations. Tout cela est remis en cause, notre société produit des inégalités et de la pauvreté en même temps qu’elle produit des marchandises et toujours plus de richesses ; comment faire société avec la foule anonyme de ceux qui n’ont pas accès à l’emploi, qui subissent précarité financière, isolement, non participation à la vie sociale …?
Où est la place des citoyens quand leurs droits s’arrêtent aux portes de l’économie et de la Finance ? Comment s’attaquer aux racines économiques des inégalités et de la misère ? La marchandisation des activités entraîne des dommages humains et écologiques croissants.
Et si l’on remettait certaines entreprises indispensables à la vie en société sous contrôle social ?
Et si l’appropriation publique des biens communs retrouvait un sens ?
Et si l’on osait recréer une utopie porteuse de sens, de justice sociale qui rende à chacun le sens de la dignité et l’espoir d’un futur ?
Sécurité sociale, démographie, nouvelles questions de générations et solidarité nationale
Aujourd’hui, notre système de sécurité sociale est confronté à un triple défi :
Celui de l’allongement de la durée de la vie, qui doit d’abord être salué comme une bonne nouvelle, mais qui accroît mécaniquement les coûts des retraites ainsi que ceux de l’assurance maladie.
Celui d’une philosophie de la solidarité, et par conséquent d’un mode de financement qui s’organisent principalement autour du travail. Une première rupture a été introduite par la CSG assise sur tous les revenus. Mais c’est un nouveau principe de solidarité qu’il faut faire émerger, avec l’ambition de permettre des financements conséquents.
Celui de l’émergence de nouveaux besoins, en particulier le logement et la formation, qui doivent désormais entrer dans le champ de la solidarité.
Relever ces trois défis est une condition indispensable à la refondation d’une nouvelle solidarité.
Ces évolutions dessinent en outre une société où les relations entre les âges doivent être repensées, sous peine de concentrer sur un petit espace médian de vie l’essentiel des relations sociales, en marginalisant la jeunesse et le grand âge. La vie associative est sans doute d’un des acteurs privilégiés d’un tel réaménagement des relations entre les générations.
Mettre fin à l’élitisme républicain pour une Ecole qui fasse société ?
Voulons-nous vraiment que nos enfants apprennent ensemble à vivre ensemble ? Voulons-nous vraiment que notre Ecole, notre système public d’éducation et de formation initiale, soit consacré à cela ? Alors il est urgent de refonder notre Ecole et de rompre avec la logique de l’élitisme républicain qui la structure. Car malgré l’engagement de ses personnels, la mobilisation des parents et le travail des élèves, l’Ecole reste en grande partie orientée pour la " fabrique des meilleurs ", s’abritant derrière " le chacun selon son mérite " pour se contenter d’une égalité formelle. Or " l’élévation du plafond n’a jamais supposé l’élévation du plancher " et dispense aussi de s’interroger sur la qualité des " meilleurs ". L’Ecole demeure donc une grande gare de triage tant par son mode de fonctionnement, la séparation arbitraire de ses contenus et l’évaluation normative par l’échec qui y domine.
Comment l’Ecole, institution de la République, peut-elle permettre à tous les enfants, tous les jeunes, d’entrer dans un monde commun dans le respect de la diversité qui caractérise notre société multiculturelle ? Espace protecteur, émancipateur et lieu d’apprentissage de la citoyenneté démocratique, l’Ecole doit être missionnée et organisée pour assurer l’acquisition des savoirs pour tous. Elle doit le faire dans un contexte de profusion des sources de diffusion des connaissances et d’individualisation qui oblige à penser aussi la cohésion et le collectif à partir de chacun. Comment peut-elle être un lieu de travail et de vie pour apprendre à penser, être et faire ? Comment doit-elle permettre la qualification de personnes autonomes et solidaires, capables de construire et conduire leurs projets, d’exercer des responsabilités petites et grandes, de créer, de coopérer, d’apprendre et se cultiver toute leur vie, de développer des relations apaisées aux autres, de s’insérer et d’agir dans un monde incertain et complexe.
Nous avons le plaisir de vous présenter un document préparatoire au « Manifeste pour le sport que nous voulons », qui sera prochainement accompagné d’un dépliant et d’une affiche présentés lors du Salon de l’Education, puis diffusés très largement nationalement.
Nous affirmons notre conception d’un sport que l’on veut éducatif, porteur des valeurs que nous défendons depuis la création de la Ligue comme des fédérations UFOLEP et USEP.
Nous vous invitons à vous saisir de ce texte destiné à être mis en débat tant dans toutes les instances statutaires (CA des fédérations départementales de la Ligue, CD UFOLEP, CD USEP) que dans des groupes ouverts à tous les acteurs que ce sujet peut intéresser.
Vos remarques, amendements, précisions, réflexions trouveront toute leur place sur ce site www.lesportquenousvoulons.org afin d’aboutir à la production en 2008 d’un texte argumenté sur ce sujet.
Vous souhaitant bon travail, veuillez accepter l’expression de toute notre amitié.
Sûreté et sécurité sont deux mots voisins, l’un provient de l’autre ; mais le premier seul figure dans la déclaration des droits de 1789 et il existe tout de même une opposition entre l’un et l’autre. De nos jours l’obsession de la sécurité, thème de campagne électorale, se réduit souvent à la forme la plus visible de la sécurité dans l’Etat, l’ordre public apparent, la baisse recherchée des agressions avec violence, l’élucidation des délits ou des crimes contre lesquels plainte a été déposée, une police présente et efficace plutôt dans les quartiers résidentiels. Ce n’est pas rien. Mais le droit de chacun de celles et de ceux qui vivent sur le territoire de la République à la sûreté est tout autre chose de beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus exigeant et contraignant pour l’Etat.
Chacune et chacun devrait être assuré que l’Etat lui garantit la possibilité d’exercer l’intégralité se ses droits. On en est loin aujourd’hui et on s’en éloigne chaque jour un peu plus si on intègre les droits dits sociaux et si on ne les réserve pas au bénéfice des seuls nationaux l’obligation pour l’Etat de garantir ces droits. Il ne s’agit pas de faire de l’Etat l’assistant social universel mais le garant. Le premier il devrait s’interdire de traiter les immigrés sans papier comme du bétail dépourvu de droits, qu’on piège autour des restaus du cœur, qu’on assigne sans assistance dans des zones de non-droit, qu’on embarque menottés pour un pays censé être le leur où certains ne sont jamais allés, etc. Les exclus de la vie sociale et économique ne sont pas mieux lotis, les S.D.F. mais aussi les retraités et les travailleurs pauvres en particulier ; pour ne rien dire des habitants des cités à qui on retire la police de proximité comme si leurs biens péniblement acquis ne méritaient pas autant que ceux des plus riches la surveillance des forces de l’ordre public. Chacune et chacun attend de l’Etat qu’il puisse dans tous les domaines se sentir sur et sauf. On en est chaque jour un peu plus loin : la sûreté supposerait aussi un minimum de justice sociale et d’équité, de partage, mots inconnus ou incongrus ou grossiers dans le vocabulaire libéral branché. Dommage.
Vous trouverez ci-après les documents préparatoires à l'université d'été "Vous avez dit intérêt général ?" qui se tiendra du 6 au 8 septembre 2007 à Meschers.